Question de stratégie thérapeutique : combattre

Article écrit par le Dr Martine Dupuy

Certains d'entre vous, lors d'un stage ou par téléphone, m'ont demandé comment s'y prendre avec tel ou tel type de malade... Il s'agit généralement de travailler sophro-dynagogiquement avec des personnes atteintes de maladies graves et/ou d'addictions.
J'ai répondu jusqu'à présent au cas par cas, me référant essentiellement à mon histoire et ma récente pratique, en émettant donc des réserves sur une « généralisation » possible de mon expérience.
10 ans de recul personnel et professionnel, de consolidation de notre stratégie de base, de « correction » de tir et de confrontation au réel permettent maintenant de commencer à élaborer une synthèse .
Ce travail effectué conjointement avec Yves fera certainement l'objet d'une mise en page et d'une édition dans le cadre d'un « guide thérapeutique », mais si vous le voulez bien, nous pouvons construire ensemble , de façon interactive, les grandes lignes de notre action thérapeutique grâce à l'outil dynagogique.
En quelques articles je vous propose donc de développer les premiers « grands principes » et de vous laisser réagir, soit en me rapportant un exemple qui confirme ou infirme le contenu de l'article, soit en poussant plus loin le bouchon en fonction de votre intérêt ou de votre expérience propre.

J'ai en tête et sous la plume trois ou quatre articles de départ... mais plus vite vous interviendrez dans la réflexion mieux cela sera... n'attendez donc pas la fin !

Tout d'abord un axiome fondamental : le travail thérapeutique n'est pas très différent d'un travail d'apprentissage !
Il n'y a pas de précaution particulière à prendre si vous respectez la démarche sophro-dynagogique:
n que ce soit pour la progression en quatre temps de la conscience corporelle à la conscience spirituelle, en ne passant au stade suivant qu'une fois le palier précédent bien acquis;
n que ce soit dans le principe de mise en valeur du positif , qui devient dans ce cas une ligne de conduite dont il ne faut surtout pas déroger.
n que ce soit dans la prise de conscience à tout instant de l'énergie vécue , de la force de vie sentie, provoquée, entretenue, protégée, amplifiée.

Nous devons à Yves le principe fondamental de l'action thérapeutique: apprendre à un individu à conduire son énergie, la mettre à son service, pour effectuer une sortie du système d'existence morbide dans lequel il s'est fourré.

Il n'est évidemment pas question de présenter d'emblée les choses ainsi à la personne en détresse - cette question pourrait d'ailleurs ouvrir un article à elle toute seule - , c'est une découverte à faire en son temps... mais cela ne nous prive pas de rentrer en action !

L'action, c'est de mobiliser de l'énergie consciente.


Chaque terme est ici important:

Une personne malade est en déficit d'énergie de vie ou dans un blocage de l'énergie circulante. Il va donc falloir relancer cette dynamique.

De quelque manière que vous conceviez l'être humain en vie, cette vie qui l'habite, dans ses tissus, ses cellules, ses mitochondries, est un mouvement perpétuel, un échange constant d'électrons, d'ions, de minéraux, etc... C'est également une transformation permanente : d'AMP en ATP avec libération d'énergie au niveau cellulaire bien sûr pour les biochimistes, mais savez-vous aussi que vous renouvellez tous les trois ans environ l'ensemble de votre corps ?
Du bout de l'orteil à la pointe du nez, peau, organes, muscles, os, cellules de défenses et de transport d'oxygène... pas à la même vitesse et pas tout en même temps bien sûr, mais plutôt comme un immeuble où chaque jour un pan de mur est démonté pour être remplacé.
Seules les neurones du cerveau échappent à cette entreprise de déconstruction / reconstruction, car notre corps bien malin a trouvé un autre mode de renouvellement : outre un nombre impressionnant de cellules inemployées ( les officiers de réserves), chaque neurone peut se connecter à 10 000 autres pour constituer des réseaux de communication.
Parce que la grande affaire du cerveau, sa fonction première c'est la Communication: l'action, la pensée, le sentiment, l'instinct, au niveau cellulaire, c'est de la communication entre différents neurones.
Bon, pour la spiritualité, on n'a pas encore découvert le réseau... - et je doute qu'on le trouve un jour car ce serait plutôt un supra-réseau au delà des réseaux -mais pour les précédents on commence à les voir fonctionner dans le cerveau vivant grâce aux scanners et autres caméras à positons.
Ce n'est donc pas le neurone que l'on remplace en grandissant et en prenant de l'âge - et donc de l'expérience - mais ce sont les communications que l'on modifie. Les communications qui sont devenues désuètes ou inutiles - par exemple pour moi celles qui gèrent le théorème de Pythagore - sont peu entretenues : elles sont devenues des chemins vicinaux.
Le cerveau de mon fils par contre, qui bûche ses interro sur ledit théorème, est en train de créer une ligne de neurone à grande vitesse , une autoroute entre neurones du langage des énoncés et neurones des figures géométriques permettant de résoudre des problèmes passionnants de triangles, qu'ils soient rectangles ou pas... Nous verrons à la prochaine note si son autoroute est bien construite ou pas. Ceci dit , en mon temps, j'avais aussi créé le même réseau, et si mes souvenirs sont bons, il marchait bien à l'époque ! Quand je fais réviser mon fils, je retrouve des « vestiges » de mon réseau et je le remets en fonction.
Il est intéressant de noter que c'est dans la première partie de notre sommeil ( le sommeil lent profond) et au cours des périodes de rêves que nous faisons la rénovation et l'entretien de nos réseaux de communication cérébraux, soit 45% de notre temps de sommeil... à bon entendeur...

Et notre stratégie thérapeutique dans tout cela ?
Nous y sommes en plein cœur !

Pour que l'être humain fonctionne bien, puisse se battre contre une pathologie quelconque, il faut - et c'est un préalable - remettre en route tous ces échanges énergétiques, toutes ces communications , qui se sont réduites au fur et à mesure que la personne s'enfonce dans l'impasse-maladie.

Par où commencer ? Par quel bout dénouer l'écheveau ?

Certaines disciplines ont élaboré des démarches fines et complexes pour remonter patiemment jusqu'au premier noeud.
Je pense autant à la médecine allopathique qu'à l'accupuncture, à la naturopathie qu'à l'homéopathie ou encore aux psychothérapies et psychanalyses: chacune avec ses éléments d'appréciation, ses signaux de détection , ses possibilités d'intervention tente de retrouver ce premier obstacle à la circulation de la vie à l'intérieur d'un être vivant.
La médecine allopathique va chercher et traiter le cancer primitif à partir d'une métastase, tout comme l'analyste va progressivement cerner le « traumatisme initial », tout comme l'homéopathe uniciste va chercher le premier barrage, etc...

A leur différence, nous ne partirons pas du barrage, du traumatisme, ou de la tumeur primitive, nous nous emploierons à mobiliser l'énergie d'ensemble de la personne, sans distinction de lieu particulier.
Ce qui nous intéresse c'est de relancer le courant énergétique dans son ensemble, tablant sur la capacité d'un être humain à utiliser sainement cette remobilisation.

Ne jamais oublier d'où nous sommes issus, ni que, naturellement, tout est mis en œuvre à l'intérieur de nous pour que la vie s'accomplisse:
Ce n'est pas la maladie qui est naturelle, c'est la survie !

Depuis la naissance du premier assemblage protéique, c'est la vie qui s'est développée sur terre et non la maladie... nous sommes issus d'un lent processus d'évolution qui a toujours favorisé l'espèce qui se débrouillait le mieux pour survivre dans des conditions plus ou moins hostiles... et nous, êtres humains, nous sommes au bout de cette chaîne d'évolution...
Autrement dit, ce qui est inscrit dans nos gènes depuis des millions d'années, et amélioré par sélection naturelle au fur et à mesure de l'aventure animale et humanoïde, c'est la capacité à survivre, à développer et protéger la vie... en dehors de nous mais aussi en dedans de nous !

Qui ne comprend pas ce premier axiome, ne peut avoir foi en l'être humain et - pour ce qui nous concerne - avoir foi dans la possibilité pour tout malade de remettre en route son système intérieur d'échange et de circulation d'énergie, c'est à dire se remettre dans son courant naturel de vie !
Notre pari ce situe à ce niveau : question de foi en l'être humain et sa capacité à dépasser les obstacles, fussent-ils intérieurs.

Mais notre pari ne peut se réaliser que si l'énergie que nous mobilisons est une énergie consciente !

C'est là le deuxième terme important de notre principe thérapeutique.
Et nous pouvons d'emblée dire adieu à toutes les assistances et thérapeutiques de maternage et de prise en charge de la maladie par le thérapeute !
En effet la personne malade est entrée dans un processus morbide de façon inconsciente, justement parce qu'elle n'avait pas pris conscience des risques, des éléments négatifs transmis par le corps à son cerveau, des signaux d'alarme qui s'allumaient partout dans le soma, la psychée et jusque dans nos rêves. Rester dans l'inconscience en confiant son corps et/ou son âme au thérapeute qui guérit, c'est s'exposer au risque de refaire la même erreur de parcours, au même aveuglement et courir droit à la récidive. A contrario, la façon la plus sûre de s'en sortir et/ou ne plus retomber dans le piège, c'est de devenir plus conscient ... mais de quoi ?

Des signaux de vie et de défaut de vie d'abord : savoir identifier, reconnaître et mettre en valeur tous les signaux de vie à l'intérieur du corps. Tous les signaux de circulation de l'énergie, de la vie : depuis la perception de la circulation sanguine jusqu'aux changements caloriques, en passant par l'échange respiratoire et la transformation digestive... à chacun sa perception.
Déplacement conscient de l'attention sur le corps vivant et non pathologique: d'abord là où cela fonctionne bien pour pouvoir relativiser là où ça « dérape » !

Dans un deuxième temps de l'élan de vie mobilisable: c'est l'entrée en scène de l'énergie émotionnelle. Il ne s'agit pas de faire juste de la gestion émotionnelle, non. Il est impératif de retrouver une motivation suffisante pour vivre : l'accent doit être mis sur l'activation de tous les plaisirs que la personne trouve à exister maintenant, à continuer à se battre. Et là il n'y a pas de « petits » et « grands » plaisirs: de la mousse au chocolat à la déclaration d'amour, en passant par le sourire de la voisine, de l'aide-soignante ou de l'enfant rieur, tout concours à renforcer le sentiment du bonheur de vivre.
Déplacement conscient d'un sentiment morbide vers un sentiment d'épanouissement car seul un sentiment constructif peut compenser un sentiment destructif : l'angoisse de la mort ne peut être équilibrée, tenue en laisse que par l'amour de la vie.
Mais ce dernier sentiment, pour s'enraciner et s'épanouir demande souvent une redéfinition , une recherche personnelle et un renforcement constants.
Cette étape-là est importante et l'effort ne souffre aucun relâchement