Les bases énergétiques de la phénoménologie par Roger REVEL

Les trois premiers degrés de la formation nous permettent d'aborder un travail de connaissance de soi ; une découverte de nos potentialités énergétiques et des forces, qualités et valeurs qui peuvent s'exprimer. Il est bon de rappeler que nous appelons force tout ce qui met le dynamisme vital en mouvement pour nous permettre d'assumer notre existence.
La découverte de tous ces potentiels et forces n'est rien si nous ne pouvons l'appliquer dans notre vie socio-professionnelle. La découverte de soi, les modifications de la relation entre le moi et le soi doivent trouver un prolongement logique à l'extérieur dans la relation à l'autre.

Le quatrième degré permet d'aborder cette ouverture.

La phénoménologie est le maître mot de ce degré. Pour aborder ce thème dans son contexte énergétique, il nous faut retrouver les notions de temps cyclique et de temps linéaire telles que nous les avons définies lors du troisième degré.
La fonction transcendante de la conscience n'obéit pas aux lois de raisonnement logique et de causalité, mais aux lois de l'analogie et de la phénoménalité. Transcender signifie dépasser l'expérience, et en l'occurrence, celle-ci ne représente que ce qui est visible à nos yeux, et accessible à nos sens. Dépasser l'expérience demande le regard du cœur. Je me permets de citer SAINT EXUPERY : " Nous ne voyons bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour nos yeux. "

Afin d'accéder à ce point de vue, il est nécessaire de s'installer dans la perception de l'aspect cyclique du temps, là où tout coexiste : passé présent futur, intérieur et extérieur.


La phénoménologie
L'extérieur est le produit de notre intérieur. Les choses sont, parce qu'elles prennent naissance dans notre conscience. D'un point de vue énergétique, un fait quel qu'il soit va exister ( de ex-stare, être à l'extérieur), car j'en prends conscience et le nomme. Il va sans dire que nous entrons là dans un domaine énergétique de dimension spirituelle qui correspond bien à la transcendance.
Il est important de ne pas perdre de vue que le fait de nommer (reconnaître l'existence de) m'amène à me reconnaître moi-même dans l'opposé complémentaire. Par exemple, reconnaître un individu en tant qu'élève, me fait me reconnaître moi-même en tant qu'enseignant. Un autre exemple que nous pouvons tirer de notre tradition Biblique : à l'origine, Adam est seul, c'est l'hermaphrodite primordial. Lorsqu' Eve apparaît, il la reconnaît en tant que femme, et dans le même temps se reconnaît lui-même en tant qu'homme. Il s'agit bien entendu d'un point de vue purement symbolique qui offre à l'humanité les deux opposés complémentaires qui président à toute manifestation ; ce que les chinois définissent par Yin et Yang.

Il apparaît donc important de noter que chaque fois que nous reconnaissons un fait, nous reconnaissons l'opposé complémentaire en nous. L'extérieur est le produit de notre intérieur, mais, cette façon de voir l'extérieur agit donc sur notre intérieur. La nécessité du travail sophrologique et dynagogique de base prend ici tout son sens. La recherche de l'équilibre de l'harmonie, du juste milieu, loin des excès, nous permet d'avoir un regard sur l'extérieur du même ordre, et crée en nous par retour cette même harmonie.
Il en est de même pour les forces et les qualités et les valeurs que nous exprimons en séance. Chacune de ces forces, qualités, valeurs que nous exprimons crée son opposé complémentaire. Prenons l'exemple du courage. Exprimer cette force pour la développer, permet également de développer la force de prudence. Et, ce qui me paraît être le plus important, nous développons surtout le discernement pour situer les faits qui nécessitent le courage, et ceux qui nécessitent la prudence. La dimension énergétique de la force que nous exprimons englobe en fait toutes les possibilités liées à cette force. Ces prises de conscience sont favorisées bien entendu par le niveau paradoxal d'éveil qui nous permet d'aborder le temps dans sa dimension cyclique. Le sens de ce concept est parfaitement rendu par le symbole du Tai Chi où Yin et Yang sont des opposés complémentaires sans cesse en mouvement, origine de toute vie et point de départ de l'existence.

Retenons que le phénomène existe par nous, mais qu'il agit sur nous en retour.

La relaxation dynamique du 4ème degré
Cette séance de sophro, qui résume parfaitement les dimensions de ce degré, doit être bien intégrée dans sa dimension énergétique.
Nous y retrouvons en alternance les dimensions linéaire et cyclique du temps.

Tout d'abord, la mise en disponibilité dès le départ, pour se trouver dans la notion intérieur-extérieur ; l'espace extérieur, soumis aux lois du temps linéaire et l'espace intérieur, soumis lui aux lois du temps cyclique. Bien prendre conscience de l'ouverture de l'espace intérieur à l'espace extérieur. A cet effet, je préconise avant la toilette énergétique, en position debout l'ouverture et non pas l'allumage des trois foyers. Cette ouverture doit nous faire prendre conscience de la libération du thorax, de l'abdomen et du bas-ventre ; ouverture qui nous permet d'être en disponibilité pour donner et recevoir. Elle nous permet en outre de nous installer dans une attitude digne et élégante, que ce soit en position debout ou assise ; la circulation de l'énergie s'en trouve ainsi renforcée, et sa perception plus aisée.

La séquence regard intérieur regard extérieur en position assise tout d'abord, nous situe sur un plan linéaire du temps ; nous sommes ou à l'intérieur (yeux fermés) ou à l'extérieur (yeux ouverts). Il s'agit bien d'une séquence linéaire du temps avec une chose ou l'autre. Par contre, la séquence en position debout nous propose d'être à la fois à l'intérieur, et à la fois à l'extérieur. Beaucoup plus difficile à percevoir, mais ne peut se concevoir que dans un concept cyclique du temps.

La dernière séquence des trois ouvertures vient concrétiser cette possibilité d'ouvrir et d'offrir notre espace intérieur à l'extérieur, et de recevoir cet espace extérieur . Harmonie intérieure, harmonie extérieure, ne sont que les deux aspects linéaires de notre seul état d'harmonie, celui que nous avons acquis tout au long de l'introspection.

Conclusion
Cerveau droit-cerveau gauche, temps linéaire-temps cyclique, essence-substance, etc . . . , sont des opposés en fait complémentaires, pour peu que l'on veuille bien les accepter dans la dimension de leur transcendance et non par la seule logique. Le raisonnement logique est nécessaire, tout autant que le raisonnement analogique. Il suffit d'attribuer à chacun le point de vue qui lui convient. Établir un pont entre cerveau droit et cerveau gauche, c'est bien ce que nous propose l'outil sophrologique - dynagogique, et c'est à nous d'en tirer le meilleur parti par les pratiques.