Des PasSages au Passeur par Eliane Laxague

Article paru dans le TresSage 5 de décembre 2015.

Le Module 6 : cap après les passages de l’apprentissage, commutateur entre technicien et artiste, entre apprenant et passeur.

2 ans de formation pour passer d’un état de conscience ordinaire à une conscience plus éveillée.  Mais avant tout, il y aura eu cette petite voix qui pousse sur la voie. Voie de l’exploration d’abord pour nous-mêmes, de recherches, solitaires. Voie jalonnée ensuite, de passages, à plusieurs, en groupes d’apprentissage qu’il conviendra de laisser infuser, seul, à nouveau, avant l’étape suivante. Des passages, successifs, des répétitions et peu à peu, cela commence à se vivre avec l’entraînement.
Jusqu’à ce Module 6 : 2 jours pour être validés dans notre capacité de commencer à transmettre l’outil qui nous a transformés. Passer les épreuves qui deviennent des preuves.


Et maintenant ?

Que faire ? Encadrer ce sésame? Fêter ? Et puis... ? L’à- venir s’ouvre devant nous : ne serait-ce pas pour oser un « pasSage » ? Avec tout le temps requis pour passer du technicien à l’artiste en sophro qui rayonne et devient contagieux. Tout est déjà là, il s’agit juste de stabiliser, même si il y a quelque chose de vertigineux car nous voilà seul : finie la bonne chaleur de l’écurie qui nous porte. Il va falloir la recréer, d’une autre façon...

Comment ?

2 ans d’accompagnement ont permis de faire sauter pas mal de nos petits verrous, révéler nos talents, nous aider à relativiser, apprécier ce qui rassemble ou divise, voire dévitalise. Nous avons appris à ouvrir nos yeux, notre cœur, à ce qui est beau, lumineux... mais pour aller où ? Le praticien confirmé va pouvoir oser le déploiement de l’outil en alimentant ses 2 aspects : pour lui-même, histoire de cheminer dans la vie, et pour l’autre qu’il va accompagner dorénavant.
Il convient de quitter le cocon de l’élève qui a encore droit à l’erreur ou du huis-clos avec la copine-cobaye. Oser se déstabiliser, oser l’inconfort, oser se monter pour aller plus loin. Oser ce fameux « pasSage » qui rend lumineux, radieux ! Identifier les compétences : ce que je ne sais pas faire montre tout ce que je sais faire et sur lequel je peux m’appuyer. Le reste est un champ de progression possible.

Et si un autre pas nous était demandé ?

Fameux pas : celui qui nécessite la persévérance. Percez et vous verrez !
Percer vers ? Percer le verre ? Aller voir au delà, changer de point de vue, continuer, intégrer la nouveauté avec l’entraînement, aller plus loin, rêver en grand, se donner le droit !
Oser, en posant des actes, des priorités, malgré tout ce qui se présente. Oser l’imperfection. Ce que nous faisons est JUSTE : un peu formaté, rester d’abord dans le cadre et ensuite ? En toute responsabilité, créer !

De l’audace !

Les autres ne vont plus nous voir de la même façon ! Finies les victimites diverses, les râleries, les exagérations, de reporter sur les autres : nous désactivons.Sentir ce qui vit en nous, ce qui met notre énergie en route, ce qui vibre, là où cela se fait. Peut-être dans un registre habituel pour transformer la réalité de ma vie, peut-être tout à fait ailleurs, dans un lieu que je ne connais même pas aujourd’hui. Tout cela va maturer en continuant de travailler, de célébrer victoires ou réussites. Si l’échec se produit, c'est ainsi que je le vis maintenant mais cela peut être autrement ! Alors, laisser place à l’énergie de la créativité : que mettre en place ? Nouvelle chute ? Je reste en capacité de me relever ! Et poursuivre en agissant, car l’homme est ce qu’il FAIT.

Dialogue entre nous et le sophrologue que nous sommes ...

Chaque être a une vocation. Il s’agit d’être en forme, présent pour l’expérimenter.  Apprendre à nous écouter, à nous déconnecter, pour alimenter en nous-mêmes cette invisibilité, cet inaudible, cet inaccessible, ce qui est là et va permettre la révélation de solutions intérieures. Ce n’est pas dans l’agitation du quotidien qu’elles émergent mais dans le silence, le retour à soi, pour pouvoir s’INCARNER.
Muscler cette capacité va demander un peu de rigueur. Jusqu’ici porté par la nécessité du Module 6, cet objectif qui donnait une structure, un cadre, pour les entraînements nous devons en trouver un autre.

Supplément d’âme

Ces temps de pause entretiennent le technicien que nous sommes maintenant, qui travaille cette voie du désir, de l’attachement, du faire bien. Se relier au plus profond de notre être pour que la technique, suffisamment vécue, se transforme en art. L’artiste permet l’émerveillement, les révélations, le « pasSage » d’une chose à l’autre, l’exploration de champs non encore révélés. L’artiste est DEDANS : de l’inspiration qui va donner une création à l’expir qui va produire. Juste une séance, 3 paroles, un lieu... Se le laisser vivre. Apprendre à reconnaître cet état, à le (re)créer.  Car c’est là que ça rayonne, comme ces œuvres d’artistes que « j’adore ». L’or, la lumière qui éclaire et fait du bien. Sortis de la voie besogneuse de la technique, nous sommes dans celle de l’Amour. Osons rayonner et, sans peur, devenir PASSEUR !

Intervention d'Eliane Laxague au module 6 retravaillée par Anne-Claire Delval