Il était une fois, la sophrologue et l'enfant... par Catherine Belvaux

Article paru dans le TresSage 4 de juin 2015.

L’histoire se déroule aux pays des lacs de l’Eau d’Heure. C’était en l’an 1990. Un petit garçon âgé de six ans, timide, mais plein de ressources demande de l’aide. Il souffre d’une étrange maladie que l’on nomme le langage de « la langue hachée » : il lui était impossible d’exprimer une phrase sans que les mêmes mots ne reviennent plusieurs fois de suite, les mots rebondissaient dans sa tête comme des balles magiques et sortaient de sa bouche avec autant de rebonds ; ses camarades se moquaient gentiment de lui, mais il savait que les gentilles moqueries sont en réalité des railleries déguisées en monstres rabougris.
Triste de voir le mal être de son petit garçon, sa mère s’adresse à une sophrologue qui écoute l'histoire, les centres d’intérêt, les peurs, les désirs de l'enfant et l’accueille à bras ouverts.

Oui mais voilà, rapidement la sophrologue constate qu’il lui manque un ou une alliée pour aider ce petit garçon. Après plusieurs réflexions et recherches, une idée germe et prend forme dans son esprit. Après une séance ou une bonne nuit de sommeil, je ne m’en souviens plus, vous savez lorsque vous êtes entre la veille et le sommeil, là où vous rejoignez le monde intuitif, le pays imaginaire. Est-ce un troll, un lutin ou une fée qui est venu insuffler l’idée ? Qu’importe, c’est monsieur le conte qui est venu se présenter aux portes de la conscience, son curriculum vitae nous a instantanément séduit. C’est de cette façon que le trio fut formé : l’enfant, la sophrologie et le conte.

Tiens ,tiens ! Trois cela ne vous dit rien ? Nous le retrouvons régulièrement dans les contes : les trois frères, les trois plumes, les trois flèches, les trois langages, les trois petits cochons …Ce chiffre trois dans le conte est souvent en relation avec ce que la psychanalyse considère comme les trois aspects de la personnalité, ne refaisons nous pas les exercices trois fois afin de laisser émerger nos vivances, de les affiner, de les transformer  en ressources, énergies diverses, sentiments…

Ah… Monsieur le conte, pas n’importe lequel ,le traditionnel, bien sûr, celui qui traverse le temps et fait partie de la mémoire collective, qui s’est transmis oralement avant d’être retranscrit le plus fidèlement possible sur papier. Le conte actuel fait aussi partie du voyage mais il doit montrer patte blanche, comme le conte traditionnel. L’objectif est d’aider l’enfant à découvrir son identité, des solutions pour son chemin de vie. Le récit doit être composé de personnages ou de situations qui font écho à nos conflits intérieurs tout en nous montrant quelles démarches peuvent nous aider à les résoudre.
Surtout pas de morale qui coupe l’enfant de ses possibles et le culpabilise, le dirigeant à être dans la même vision que l’auteur.
Nous avons aussi rencontré sur notre chemin de l’épanouissement, madame Allégorie qui nous a séduits par son approche plus directe. Contrairement au conte qui touche le tout, elle traite un problème bien spécifique de l’individu sous une forme de métaphore. Nous l'adapterons en fonction des centres d'intérêt de l'enfant.

Et la sophrologie a suivi ses comparses, elle s’est adaptée de façon ludique.

  • Ses exercices d’ancrage sont devenus des petits pas de souris ou des pas de géants, les racines d’un arbre ou d’une fleur …
  • Le massage dynamique s’amuse avec une palette de couleurs qu’il change en fonction de son humeur, avec de la poudre de fée ou d’étoiles, se transforme en une douche imaginaire.
  • L’exercice du poids devient l’homme le plus fort, un vaillant chevalier, un athlète olympique …
  • Le balancement latéral se transforme en arbre enraciné qui joue avec le vent, en une pendule qui rythme le temps …
  • Les contractions progressives se déguisent en Pinocchio et homme caoutchouc.

Le corps écoute et parle de ce qu’il ressent.
Les pensées récurrentes, les émotions, les sentiments sont des petites araignées que l’on endort dans un petit nid douillet fait de fils soyeux et chauds ou bien des nuages que l’on chasse avec le vent. Il se matérialise par notre respiration.

Et le héros de l’histoire, ce petit garçon de six ans a quitté notre chemin pour suivre le sien et est devenu un homme maintenant épanoui dans sa vie professionnelle.

D’autres enfants font un bout de chemin en notre compagnie et puis repartent grandis, certains y reviennent un peu plus tard lorsque leur route est de nouveau caillouteuse.

Cette histoire, vous l’avez comprise, elle fait partie de mon histoire et lorsque la demande est là ou que l’occasion se présente, c’est avec plaisir que je vous invite à faire un bout de chemin avec nous.

Catherine Belvaux